Simples mortels


Simples mortels

Pour les deux enfants qu´ils ont faits, pour eux-mêmes peut-être, Flore et Joël rêvent encore, en ce début de millénaire, de "lendemains qui chantent". Mais on dirait que partout, sur les écrans, ne s´agitent plus que les pantins d´une société sous perfusion, droguée au virtuel, repue d´illusions informatives. Eux sont vivants. Dans le béton de leur banlieue, dans les rues de Paris, ils se cherchent, s´empoignent, s´aiment et puis s´oublient. Ils n´entendent pas la voix off qui, comme un contrepoint à leur aventure, fait entendre la sombre litanie des désastres accumulés par le siècle.
De l´exaltation de la vie des simples mortels que nous sommes à la prophétie de son anéantissement annoncé, Philippe de la Genardière dresse ici, dans ses convulsions comme dans ses éblouissements, un somptueux tableau primitif de notre postmodernité.